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La longue vie de la princesse Ileana (1909-1991) est indissociable
de l’histoire et de l’indépendance roumaines. Très populaire dans son pays qu’elle revit après un demi-siècle
d’exil, très connue en Amérique où elle fut une figure de la Guerre
Froide, elle restait ignorée jusqu’à ce jour du public français. Arrière-petite-fille de la reine Victoria, fille du seul
Hohenzollern vainqueur en 1918, le second roi de Roumanie Ferdinand
le Loyal, et de la célèbre reine Marie, elle fut aussi la sœur
préférée de Carol II et la tante de l’actuel roi Michel. Belle et généreuse, guide des scoutes roumaines de l’YWCA, cette
amie des moines, partagée entre la mer Noire et le château dit de
Dracula dans les Carpates, se révéla une fondatrice d’hôpitaux, une
bienfaitrice des affligés et une patriote indomptable. Épouse d’un
archiduc de la Maison d’Autriche apparenté aux Bourbons, mère de six
enfants, elle subit l’hitlérisme, la Garde de Fer puis l’Armée rouge
et le communisme. Fière et ardente, fréquentant l’élite de chaque camp, du Conducator
Antonesco au Staline roumain, Gheorghiu-Dej, quel rôle joua-t-elle ?
Fut-elle vraiment « la tante rouge » du dernier roi, entre naïveté
et duplicité ? Artiste, écrivain, éditorialiste et conférencière de talent dans son
refuge de la Nouvelle Angleterre, cette orthodoxe fervente, protégée
par le président Kennedy, voulut répondre aux aspirations
spirituelles de ses nouveaux compatriotes américains. Devenue moniale en Bourgogne, au monastère russe de Bussy-en-Othe,
elle fonda aux États-Unis le premier couvent orthodoxe anglophone.
D’un grand rayonnement, elle y mourut abbesse il y a moins de vingt
ans sous le nom de Mère Alexandra. Les lecteurs en quête de spiritualité ou nostalgiques de la Grande
Roumanie, les historiens de l’Entre-deux-guerres et des démocraties
populaires, les marins et les scouts trouveront en elle une figure
féminine de référence.
Via Romana AUTEUR
Auteur de la première biographie française de la grande-duchesse
Elisabeth Feodorovna (2008), Jean-Paul Besse récidive avec cette
enquête inédite et nuancée. Docteur en Histoire, spécialiste de la
Réforme catholique et de l’Orient chrétien, connaisseur de la
Roumanie déjà présente dans sa bibliographie, il publie là son
quatorzième ouvrage historique. Professeur agrégé, il est lauréat de
l’Académie française et chevalier de la Légion d’honneur.
DANS LA PRESSE
La Nef, no 219, octobre 2010
Avant la Seconde Guerre mondiale et avant la longue nuit communiste
qui allait la suivre, les Français, s'ils désiraient acquérir
quelque lumière sur la Roumanie, ne disposaient que d'un assez petit
nombre de livres, parmi lesquels on doit mentionner le Bucarest de
Paul Morand (paru en 1935) et, consacré à Codreanu et à la Garde de
Fer, L'envoyé de l'Archange de Jérôme et Jean Tharaud (paru en
1939). Depuis, d'autres ouvrages sont venus les compléter et les
prolonger. L'un d'eux est cette étonnante biographie de la princesse
Ileana (1909-1991), fille, sœur et tante des trois derniers rois de
Roumanie, de la branche des Hohenzollern-Sigmaringen, et mariée, en
1931, à l'archiduc Antoine de Habsbourg-Toscane. Étrange destinée
que celle-ci, aux couleurs contrastées, où les misères et les
souffrances de l'exil succèdent à l'éclat des grandeurs, où, à la
fin, seul reste Dieu, confessé et servi, pour la princesse devenue
la Mère Alexandra, dans l'entier dépouillement de la règle
monastique.
Michel Toda
Table des matières
| I. |
Portrait ou icône? |
| II. |
Résurgence antique ou rêve identitaire |
| III. |
Le grand œuvre |
| IV. |
Deux colonnes sur trois |
| V. |
La couronne de fer |
| VI. |
Le cercle de famille |
| VII. |
Du vieux au grand Royaume |
| VIII. |
L'appel de la mer Noire |
| IX. |
Archiduchesse d'Autriche |
| X. |
Un beau foyer face aux périls |
| XI. |
Le grand naufrage |
| XII. |
Compassion et compromission |
| XIII. |
Vers l’exil |
| XIV. |
Dans la libre Amérique |
| XV. |
L'échelle du paradis |
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Remerciements |
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Annexes |
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Carte |
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Tableau généaologique |
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Sources et bibliographie |
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